Comment SanteComTogo transforme la santé au Togo : le point sur le terrain

En seulement six mois, plus de 1 000 agents de santé communautaires ont commencé à utiliser la nouvelle application numérique de santé du Togo. Dans cette série de Q&R, les personnes les plus proches de sa création révèlent l’impact réel de l’application sur l’accès et la prestation.

L’année dernière, le gouvernement togolais a choisi Medic pour concevoir SanteComTogo, un système national d’information sanitaire communautaire électronique. Que s’est-il passé depuis?

Louis : En tant que concepteur de services, j’avais pour mission d’étudier les besoins des utilisateurs, afin de concevoir un parcours qui réponde exactement à leurs attentes.

Pendant le déploiement, j’ai collecté les premières impressions et retours des utilisateurs pour améliorer l’application. Ils ont tous exprimé leur joie de disposer d’une application qui facilite leur travail. Avant, ils avaient de gros livres pour enregistrer toutes leurs activités qu’ils ne pouvaient pas emporter partout, mais maintenant avec un seul smartphone, ils peuvent rapidement aller faire leurs interventions et aider la communauté.

Bachir : L’application a été lancée en mars 2024 avec une phase pilote dans la région Maritime. Il s’agit d’une étape importante vers l’amélioration de l’accès aux soins de santé au Togo. Actuellement, l’application est utilisée par plus de 1000 agents de la santé communautaires dans six districts de la région pilote. Mon rôle de Chef de projet consiste à coordonner toutes les étapes du projet, de la conception au déploiement de l’application, en guarantissant la qualité des livrables par le biais de tests et d’itérations.

Togo User Feedback - Training

Quels sont les principaux défis sanitaires que le ministère de la Santé du Togo tente de relever avec SanteComTogo?

Mouhamadou:  À travers cet outil, le Togo ambitionne de relever le défi de l’accès universel aux soins et à la numérisation de la santé communautaire. Auparavant, les agents de santé communautaire utilisaient le papier pour prendre en charge leurs patients, mais grâce à cette technologie, ils peuvent optimiser leur temps lorsqu’ils s’occupent des communautés. 

Les données recueillies par SanteComTogo sont plus fiables et peuvent aider les responsables de la santé publique au Togo à prendre des décisions.

En septembre, vous êtes allés à Lomé pour rencontrer les agents de santé communautaires qui utilisent l’application. Qu’est-ce qui a motivé cette initiative?

Mouhamadou: Généralement, environ quatre semaines après le lancement d’une application, nous effectuons des tests d’acceptation auprès des utilisateurs pour recueillir leurs retours et apporter des améliorations. Ceci est crucial pour plusieurs raisons : cela signifie que nous pouvons évaluer l’adoption et l’utilisation de l’application, mesurer son impact sur le terrain, identifier les besoins non satisfaits et renforcer notre relation avec les utilisateurs. 

Louis : Nous cherchons constamment à améliorer nos services. Nous avons constaté que trois mois après le déploiement, les agents de santé communautaires avaient suffisamment de temps pour se familiariser avec l’application et nous faire part de leurs retours.

Comment l’avez-vous abordé?

Louis : Nous avions trois objectifs : 

  • Observer directement les agents de santé communautaires sur le terrain, en utilisant l’application
  • Tenir des discussions de groupe pour donner à chacun la possibilité de s’exprimer 
  • Mener des entrevues individuelles avec certains ASCs pour les comparer aux données que nous avons reçues et mieux comprendre leurs habitudes.

Mouhamadou: Nous avons sélectionné les utilisateurs les plus et les moins actifs pour des entretiens de groupe et individuels, ainsi que des séances d’observation des tâches, afin d’identifier les fonctionnalités et les améliorations encore nécessaires.

Togo FIeld Visit - Questions Screenshot (1)

Pourquoi pensez-vous qu’il est important de rencontrer les gens qui utilisent la technologie?

Mouhamadou: Rencontrer les utilisateurs finaux de l’application est une étape critique dans la conception et l’amélioration du produit. Il nous aide à comprendre les besoins réels des utilisateurs, car ils peuvent avoir du mal à les exprimer. Leurs retours ont été inestimables, nous permettant d’identifier les forces et les faiblesses de l’application, d’améliorer l’expérience utilisateur, et d’établir une relation de confiance avec eux. 

Louis : Ce sont eux qui peuvent vraiment nous dire si le produit répond à leurs attentes. Ce sont eux qui peuvent confirmer toutes nos hypothèses.

La grande question : qu’ont-ils dit ?

Mouhamadou: Les agents de santé communautaires ont indiqué que l’application les aide de plusieurs façons, notamment en leur rappelant les menages a visiter grâce à des tâches programmeées déclenchées par leurs activités quotidiennes. L’application a également amélioré les activités de soins en veillant à ce qu’aucune étape ne soit sautée, ce qui signifie que les données recueillies sont de meilleure qualité.

Kwami Assilete Abel Atossou, le superviseur régional de la santé que nous avons rencontré dans le district de Vo, a partagé des retours précieux sur SanteComogo, en affirmant que l’application aide à soigner ees patients et à les orienter vers les centres de santé pour ceux qui ont besoin d’un suivi.

Louis: Je peux dire que le plus grand changement réside dans la rationalisation de leur travail. Leurs tâches sont maintenant devenues plus simples, plus rapides et plus fiables.

Sonia Anago, une agente de la santé communautaire, nous a dit que « le travail est aujourd’hui tellement simplifié que je peux inscrire plus de 100 ménages par mois ». 

Ses propos nous ont prouvé le pouvoir de la numérisation et l’impact du CHT sur les agents de santé communautaires.

Et que se passe-t-il maintenant ?

Louis : L’étape suivante consiste à prendre en compte les retours des agents de santé communautaires pour améliorer l’application, mais aussi pour fournir de nouvelles fonctionnalités afin de répondre aux nouveaux besoins.

Mouhamadou : Nous finaliserons également les packages supplémentaires demandés par le ministère de la Santé, tels que la surveillance épidémiologique communautaire et le VIH, et élargirons l’utilisation de l’application à l’échelle nationale, et menerons un suivi et une évaluation.

Qu’avez-vous retenu de ce voyage ?

Mouhamadou : Nous avons ressenti un sentiment de satisfaction, car les retours recueillis et les données communiquées indiquent que les utilisateurs sont engagés et que l’application a un impact réel sur les communautés au Togo. Cela nous a permis de valider certaines hypothèses, d’identifier les besoins réels des utilisateurs sur le terrain et de résoudre des problèmes. De nombreux ASCs ont rencontre des difficultés à synchroniser les données, mais après le voyage, nous avons remarqué une augmentation importante des données sur les tableaux de bord. Nous avons également apprécié les échanges significatifs avec les agents de santé communautaires, qui ont souligné à quel point ils sont essentiels au succès du projet. 

Louis : Ce qui m’a le plus plu, c’est de voir la maîtrise rapide de l’application par les ASCs en si peu de temps. Cela nous a montré que l’application est conviviale.

Je me sentais à la fois rassuré et responsable. Rassuré, car j’ai vu le résultat positif de notre travail pour ces personnes. Je suis ravi de constater que le CHT est une solution accessible qui résout des vrais problèmes de santé. Responsable, car je suis aussi conscient qu’il y a beaucoup de choses à faire pour apporter la santé à tous dans tous les villages. Le chemin est encore long mais les résultats montrent que c’est possible.

3 thoughts on “Comment SanteComTogo transforme la santé au Togo : le point sur le terrain”

  1. salut mes collègues expert de la SanteCom

    J’ai lu curieusement, ce que vous avez put faire au Togo, vraiment c’est impeccable. Est ce on peut avoir des consultations pour mieux comprendre les services que vous avez pu intégré dans le platform et comment les ASCs effectuent l’enregistrement des ménages?

  2. Pingback: Àwọn obìnrin orílẹ̀-èdè Togo tẹramọ́ ìdàgbàsókè ìlú wọn bíótilẹ̀jẹ́pé àṣà akọlaláṣẹ ò jẹ́ kí wọ́n rímú mí · Global Voices ní-Yorùbá

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